Etude SUR LE NORD MALI APRES  LES CONFLITS ARMES

 CAS DE KIDAL

«  Pourquoi tant de souffrances endurées, tant de malentendus alors que l’histoire, le sol, le sang et une grande ambition commune nous condamnent à vivre ensemble ».

English Summerizing: Here is the general report of the mission which is done by our contact. The main points are: description of infrastructures, description of the relationship of communities, the religious structures in the Northern Mali, the economic instability of the Northern Mali.

 

From this report, one could remark that salafist operation is deplaced more and more from this region to northern Niger. One can also remark that alliance between France ans touaregs movements is very important in terms of strategic interests.

And France does combinaison between Bamako friendship and this strategic interest. But until when?

I.                  Description du parcours 

 

Le parcours  a été modifié à cause de l’insécurité grandissante dans la zone de Kidal. L’étape de ce voyage a concerné les villes de Bamako-Segou-Sévaré-Konna-Douentza et Gao.

La route est paisible et le contrôle n’est pas rigoureux au niveau des postes de sécurité avec possibilité de voyager même la nuit.

 

 

  

La colline du mont Hombori

 Le calme de la nature entre Hombori et Gao, explique cette paix relative sur la route

 

Ce pendant, la route continue d’effrayer même sans guerre avec l’angoisse et la peur au ventre. Les impacts de guerre sont encore là, tout le long de la route nationale       N°16 de Sévaré à Gao, en passant par Konna et Douentza.

 

 

 

Matériels de guerre (BRDM, BTR, cruiser avec armes à feu ; camion de transport…) détruits

 

    

Matériels de guerre (BRDM, BTR, cruiser avec armes à feu ; camion de transport…) détruits

 

« Cette image a été prise le 19/06/2013 par un ami qui partait de Gao pour une mission de 2jours. A l’aller (l6/06/2013), il a aussi profité pour me prendre  des photos  de certaines images constatées sur la route de la guerre (Route nationale 16 : Konna-Douentza-Gao) ; comme indiqué au départ de ma mission que je n’avais pas d’appareils photos et que mon portable n’était pas performant. Il s’agit d’un camion utilisé par les jihadjistes pour tromper les militaires maliens, se faisant  passer comme de simples passagers en voyage sur Bamako. Evidemment, il a été intéressé et toutes les images filmées ont été repéré lors de mon passage ; donc prise avec des consignes.

Le camion a été détruit par les raides de l’opération SERVAL entre Konna et Douentza. »

 

Il faut tout de même noter la vigilance des forces armées et les équipements flambants neufs ; postés à chaque 50m des rentrées des villes du nord.

Les activités socio-économiques ont repris dans toutes les grandes villes du nord mali mais de façon timide car les ressources financières sont limitées avec l’absence des banques et le manque à gagner des familles liées aux flux de l’exode.

Le  revenu territorial (indicateur de développement potentiel) depuis le démarrage de la crise est très faible et elle s’explique par le faite que :

-les transferts entrants (émigrés, Partenaires techniques et financiers, investissements, Etat) sont nuls,

-Peu de biens et services sont vendus à l’extérieur (exportations),

-les transferts sortants (impôts, investissements, extérieur) sont nuls,

-et il ya peu d’achats de biens et services extérieures (importations).

 

La cohabitation entre toutes les ethnies du nord se passent à merveilles, et le constat est surprenant car à Bamako, Segou, Sévaré, Douentza,  aussi bien qu’à Gao, on retrouve des arabes, des sonrais, des tamacheqs, des peulhs, des bozos, des bellahs et autres groupes ethniques qui vivent en parfaite harmonie, du moins au moment du passage de la mission.

 

  

Les habitations à la rentrée du pont de Gao

 

De façon générale, en interrogeant les uns et les autres de façon spontanée et séparée, les acteurs n’arrivent pas à dissiper leurs haines et leurs mépris vis-à-vis des Arabes et des Tamacheqs (MNLA) considérés comme des parents  et frères qui les ont trahis.

Le constat est amer, mais la question que tous les groupes ethniques se posent aujourd’hui, est le risque de guerre civile et de règlements de compte entre les populations même si l’Etat et le MNLA parviennent à un accord préliminaire.

L’information, l’éducation et la communication entre les différentes couches socioprofessionnelles   au retour des déplacés et refugiés doit être formalisé et multiplier pour concilier les cœurs et  entreprendre des actions concrètes de réparations des préjudices causés et de développement.

 

 

        

Rentrée  ville de Gao, Pont de Bavaria     Berges fleuve de Gao              Fleuve Niger traversant Gao

 

 

II.               Situation politique dans le nord mali

Au nord - est du Mali, se situe la Région de Kidal, avec en son sein l’Adrar malien dit Adrar des Iforas.

L’Adrar, ce massif granitique de 151 430 km2 est le principal centre d’art rupestre saharien au Mali dont l’ère des bubalus antiqus est située à 12 000 ans avant J.C.

Ces montagnes seraient une île dans une mer intérieure devenue plus tard désertique. C’est dans l’Adrar qu’il faut rechercher les vestiges ou les traces du passage des populations anciennes qui ont habité ou traversé le Sahara fuyant la sécheresse croissante de la région.

Selon les sources écrites et la tradition orale, pendant le Moyen Âge, la Région comptait une multitude de cités berbères telle Es-Souk où florissait le commerce transsaharien entre les peuples des pays au sud du Sahara et ceux riverains de la Méditerranée.

Les gravures et les ruines témoignent d’une riche civilisation vécue, d’un peuplement divers et ancien.

L’immensité: 260 000 km2, le relief chaotique, climat saharien, sont les bases géographiques essentielles qui conditionnent la vie de la Région au Nord de l’isohyète de 100 mm, donc exclusivement en zone désertique. La plus grande diagonale Nord – Sud mesure 550 km de Macine à l’Erg Amselsel. L’Axe Ouest Est de In - Echaïe au 18e parallèle couvre 700km.

L’énorme massif cristallin primaire constituant l’Adrar proprement dit est bordé au Nord – Est par le Hoggar, à l’Est par le Tamasna, au Nord par le Ténéré, au Nord – Ouest par le Tanezrouft, à l’Ouest par le Tilemsi, l’Aklé et l’Azaouad. Toute la zone Ouest, soit près de la moitié de la région, est intégralement désertique.

La région de Kidal a été créée par l’ordonnance 91-039 P-CTSP du 08/08/1991. C’est l’ancien Cercle de Kidal qui a été  érigé en région, dont il devient le chef lieu de la région et qui porte son nom ;

La région est divisée en quatre (4) cercles, Onze (11) communes dont une (1) urbaine et 144 villages et fractions nomades. Ces quatre cercles sont : Kidal,  Abeïbara, Tessalit et Tin-Essako.

Présentement dans les régions de Tombouctou et Gao, le Gouverneur, les Préfets de cercle et les Sous-préfets coordonnent actuellement les services techniques placés sous leur autorité ainsi que tous ceux qui interviennent dans le développement de leur Région.

Contrairement à Kidal, ses autorités administratives sont absentes et c’est le « Haut Conseil de l’Azawad » qui joue le rôle d’officiels et arbitre entre les groupes armés se trouvant sur places et assure la gestion traditionnelle du pouvoir.

 

III.           Rapport entre Groupes armés et Forces armées étrangères

 

 

Assemblée de leaders touareg, songhays et d’autres responsables en vue d’aborder, au terme de la rébellion, les questions de paix et de désarmement.

 

La région de kidal  pose problème au Mali. La localité de Kidal, au nord-ouest du pays, est occupée depuis janvier dernier par le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) qui refuse de la céder aux autorités maliennes. Ex-alliés de la France dans la lutte contre les islamistes de la région, ces Touareg laïques, qui réclament l'indépendance du Nord-Mali depuis la création du mouvement fin 2010, se sont pourtant jumelés avec les djihadjistes d'Aqmi, le MIA, le Mujao et les Touareg islamistes d'Ansar Dine début 2012 pour prendre le contrôle du nord du pays après le coup d'État militaire du 22 mars. Profitant du désordre au niveau de l’administration centrale  malienne, le MNLA proclame le 6 avril 2012 l'indépendance de l'Azawad (Nord-Mali).

Mais l'alliance tactique avec les djihadjistes ne durera pas. Bien plus faible militairement et financièrement que les islamistes, le MNLA, composé de groupes touareg locaux et d'anciens combattants revenus de Libye, est rapidement chassé des territoires conquis en juin 2012. L'opération Serval lancée par la France en janvier 2013 pour reprendre le contrôle du pays va confirmer le double jeu de ces Touareg. Ils ne réclament plus qu'un statut d'autonomie de l'Azawad et se disent même prêts à soutenir l'intervention française contre le terrorisme.

La France, aidée du Tchad et des forces armées maliennes, va reprendre les trois plus grandes villes - Tombouctou, Gao, Kidal - du Nord-Mali. Étonnamment, c'est le MNLA qui revendique la libération de cette dernière ville.

Les Français à la reprise de Kidal des mains des terroristes, ils ont freiné l'entrée de l'armée malienne dans la région, et ont travaillé avec les groupes armés formés sur place (MNLA, MIA) pensant notamment que ces derniers pourraient les aider à retrouver les otages français".

Les Touareg du MNLA ont finis par bénéficier de la sympathie et même de l'admiration des officiers français face aux populations noires du pays et le MIA s’efface petit à petit au profit de la création du « Haut Conseil de l’Azawad » avec les mêmes leaders des deux groupes armés (MNLA et MIA). Dans cette logique, tout prête à croire que la France protège toutes les couleurs blanches (Touaregs ; Arabes).

Le chef traditionnel « AMMENOKAL », de la région de kidal devient président du Haut Conseil de l’Azawad et son fils du MIA, le Secrétaire Général, d’où le flou total entre création et réalité à kidal.

Nous sommes en face d’acteurs dissous dans les mêmes groupes armés et qui jouent voltes face avec les autorités maliennes avec le bénéfice d'une puissance médiatique, notamment en France.

Le pouvoir conféré au MNLA fait grincer des dents sur le terrain et les populations ne comprennent pas la position de la France.

Un sentiment de haine vis-à-vis des Touareg, est accentué par l'expulsion, par le MNLA de  membres des communautés noires et commerçants de Gao présents à Kidal et en présence des forces SERVAL et des forces du Tchad.

Cette  situation a ternie l’image de la France libérateur et les populations du nord mali accentuent les critiques vis-à-vis de Paris et de la communauté internationale qui n’a aucun moment condamné le MNLA et ses actes.

Le MNLA n'est plus utile à la France, tant dans la lutte contre les terroristes que pour retrouver les otages, mais pourquoi la France continue de soutenir officieusement le MNLA, malgré le mécontentement des Maliens ? En tout cas sur le terrain, il n'y a jamais eu de changement dans la position des populations et des autorités maliennes contre le MNLA.

En repoussant du revers de la main la demande de négociation dans un premier temps,  le pouvoir malien montre ainsi que le MNLA n'est plus un interlocuteur crédible avec qui il faut négocier car il a déjà fait montre de fourberie par le passé. N'est-il pas du reste en train de retourner sa veste parce que sentant que le rapport de force est en train de tourner à l'avantage des forces armées maliennes? Pour les chefs militaires maliens, l'heure n'est certainement plus aux négociations avec le MNLA, peu importe les soutiens qu'il a et la force qu'il représente. On peut du reste supposer qu'il n'est plus assuré de bénéficier des appuis qui faisaient sa force. Les ''faucons'' de l'armée malienne, sentant l'occasion trop belle pour la laisser passer, estiment que le moment est peut-être venu de terminer ou \"terminatoriser\" cette rébellion d’où l’attaque d’Anefis pour sonner l’alerte et faire rentrer dans les rangs le MNLA et tous les autres qui prennent impunément les armes contre la République.

IV.            Description des structures religieuses dans la ville de Kidal

Selon la tradition, avant l’islamisation, les diverses tribus berbères qui habitaient la zone se réclamaient de l’autorité de " Koceylata " grand résistant contre la pénétration musulmane. Après l’islamisation, vers le 12è siècle, un marabout chérifien venu du Maghreb et habitant de Tafilet, nommé Mohamed Elmoctar Aita de retour d’un voyage à la Mecque s’arrêta dans le pays, épousa une Kel Tadmekket et fît souche. C’est de lui en ligne directe que descend l’Amenokal Attaher Ag Illy, père d’Intala Ag Attaher. Le nom de la famille Amenokal, Kel

Effelé (les gens du Nord) rappelle cette origine.

 

Toujours selon les mêmes sources, Mohamed Elmoctar Aita est l’un des petits fils d’Ali Ben El Motalib époux de Fatimata, la fille chérie du Prophète Mohamed (paix sur son âme). Cette filiation qui est reconnue surtout à la confédération des Ifoghas dont font partie les Kel Effelé et en particulier par les pointilleux marabouts Kounta, leur confère un caractère religieux très prononcé et un caractère très particulier parmi les autres configurations touareg. Jusqu’à nos jours la dynastie des Ifoghas " Iforas " est au sommet du pouvoir traditionnel.

 

Les structures religieuses dans la ville de Kidal, n’ont pas changé et les autorités religieuses malgré leur cohabitation avec  « Ansadine » lors des prises des grandes villes du nord mali, restent modérées  et les prêchent se font dans les mosquées sur des thématiques de la vie courante.

 

La première mosquée fut construite en 1933, l’Agence spéciale de l’Eglise en 1936 et en 1939  fut  construite en grande mosquée à la sortie Est de la ville avec abandon des autres mosquées.

Selon un musulman de kidal, «  l’Amossalli » est une place de prière musulmane en plein air au flanc et au sommet d’une légendaire. Les vœux dits sont souvent exaucés quelqu’en soit la foi de l’individu.

 

V.               Position des groupes armés et des populations par rapport aux accords de paix

 

DE L’ORIGINE DE KIDAL :

Plusieurs versions se contredisent, mais la plus plausible est celle relative au patriarche des Debakar du nom de Kidal. Il fut célèbre par ses juments qui trépignent, et manifestent la présence de chevaux étrangers à des dizaines de km de là. La population en profitait pour prendre des dispositions face à ces hôtes amis, ou ennemis. Le vieux Debakar Kidal, a donné son nom à la cité qu’il aurait fondée au Moyen Âge, et aussi à l’oued.

 

Dans la ville de Kidal, selon les investigations, la position des groupes armés et des populations de façon générale portent sur trois points essentiels :

-sur le plan politique, les groupes armés et les populations se résignent du faite qu’il n’y aura pas de partition du territoire et qu’il n’y aura pas de négociation par rapport à l’indépendance du nord mali,

-sur le plan sécuritaire et militaire, les groupes armés exigeront le cantonnement d’abord puis le désarmement et non le désarmement puis le cantonnement,

-et sur le plan développement des régions du nord mali, les groupes armés et les populations souhaitent qu’il y ait des engagements clairs et précis des partenaires techniques et  financiers et de l’Etat malien par rapport au financement du développement.

 

Enfin, les groupes armés et les populations craignent que l’espace touareg du Sahara central et du Sahel, qui a toujours été considéré par les Etats comme une zone militaire, ne le devienne davantage avec  la présence des forces françaises et africaines. Cette militarisation a d’ailleurs toujours été perçue par les populations locales comme une manière pour les Etats de les surveiller et non de les protéger.

 

Aujourd’hui, les groupes armés de façon légitime craignent que le Mali, l’Algérie, le Niger et la Libye ne se servent de l’intervention internationale et africaine pour étouffer davantage la

revendication principale du peuple touareg qui est de disposer de son droit inaliénable à assurer sa survie.

 

Selon les groupes armés, l’expérience montre que toute vraie politique sécuritaire, dans la région, devrait impliquer une large participation des populations locales qui, seules, maîtrisent le terrain et sont capables d’assurer leur propre sécurité. Cela ne pourra se faire, de manière efficace et durable, que dans le cadre d’une réelle politique de régionalisation qui permettrait à ces populations de prendre en charge leur développement. Une approche qui permettrait aux

régions touarègues de construire des rapports apaisés avec leurs Etats respectifs et qui pourrait désamorcer les tensions liées à la forte centralisation actuelle des pouvoirs et des décisions.

 

Le constat qui se dégage de façon générale pour la reconstruction, la consolidation de la paix et le développement des régions du nord mali est le suivant :

 

  • La confiance entre les populations, les acteurs locaux du développement et les autorités de l'Etat doit être rétablie.

Dès que l'on sort des grandes villes du nord où travaillent les ONGs et les services techniques, les seules véhicules présents à l’intérieur des villages et fractions, sont ceux du CICR, de rares commerçants et des "fraudeurs". Pour les populations, et notamment celles vivant dans des zones reculées, les actions de reconstruction à mettre en place par l’Etat malien (désarmement, cantonnement ; le contenu des accords de paix ; ciblage adéquat des aides et les actions de consolidation de la paix) représentent un symbole important à leurs yeux et souhaitent participer à cette phase de reconstruction.

 

  • · Il faut que l'ensemble des communautés se sente prises en compte, dans sa globalité et sa diversité:

Dans cette mosaïque de communautés, il sera important de construire des programmes dont un des axes opérationnels sera le dialogue intercommunautaire. Ainsi en va-t-il des programmes qui produiront des ressources qui devront être ensuite redistribuées, notamment par le biais des programmes de développement. Enfin, il ne faut pas oublier qu'il s'agira de baser les programmes sur une analyse globale des problèmes et sur les priorités identifiées par les populations elles-mêmes.

 

  • · Pour chacun des secteurs d'intervention, il est nécessaire de garder une approche globale, tant technique que socioculturel et économique.

Dans ces régions du Nord Mali, l'approche à favoriser est donc une approche "terroirs». Cette approche sera donc nécessairement intercommunautaire, afin de mieux prendre en compte les complémentarités et compétitions possibles, et de jouer convenablement dans le sens de la

consolidation de la paix.

 

  • · Il faut optimiser les synergies aussi souvent possibles :

Entre les différents programmes, il est possible d'identifier des modes d'intervention qui favorisent les synergies et optimisent les chances d'économies d'échelle.

 

VI.            CONCLUSION

 

Pendant la dernière décennie, le Mali a connu des grands changements dans son environnement sociopolitique et économique dus à des réformes tendant à une plus large vision de la démocratie, de la décentralisation et une réflexion qui se veut participative pour l’élaboration d’une stratégie nationale de développement durable. Ainsi la pauvreté, la santé, l’éducation et la justice ont été autant de thèmes qui impliquent désormais des acteurs à la base pour une gestion saine et équitable des affaires publiques. La cheville ouvrière de toute cette chaîne demeure les collectivités territoriales décentralisées qu’il faut absolument préparer aux rôles qui leurs sont dévolus et renforcer leurs capacités à travers une société civile forte pour réussir la mise en œuvre de tout le processus de décentralisation et du développement.

 

Dans ce contexte comment développer sinon administrer les régions nomades de la région de

Kidal, après un lourd cumul de retards, en gardant pour seul modèle le mode de vie sédentaire

qui reste par essence l’opposé du mode de vie nomade?

Ce faisant, il importe d’adopter une stratégie pragmatique, flexible, respectueuse des us et coutumes des populations autochtones dans le cadre institutionnel réglementé par une législation adaptée aux conditions de ceux qui sont concernés.

 

Entre l'intransigeance sur la souveraineté nationale par laquelle pourrait être tenté l'état malien

et la volonté de l'affirmation de l'indenté des touareg de la région de Kidal, il nous semble que

seul un statut particulier dûment réfléchi, accompagné d’une réelle volonté nationale de résorber le retard accumulé par les populations autochtones et le déséquilibre de développement entre la région de Kidal et le reste du pays, pourra intégrer la minorité touareg

dans la construction d’un état unitaire, moderne et démocratique.

Résumé et analyse, expertise : au vu de ce rapport, force est de constater que la ville de Kidal est le symbole de la tension entre les communautés du Nord Mali. Les forces politico militaires MNLA et HCAU sont dans une alliance avec les forces françaises, qui trouvent là un moyen de bâtir le rempart stratégique pour le contrôle du Sahel et surtout les intérêts stratégiques de la France.

La description faite est révélatrice d’une présence et d’une connaissance de notre ami, de cette région. Sur le plan économique, les choses ne se sont pas encore stabilisées, si bien qu’on peut craindre la poursuite de l’économie parallèle qui peut profiter aux forces insurgées, y compris salafistes.

Les choses, en termes de base militaires et de théâtre d’opération mais surtout sous forme de repli, se déplacement du Nord Mali au Nord Niger et même vers l’Est de ce pays, vers le lac Tchad et le Nigeria.

 

La jonction entre les Katiba du Sud Libyen et tunisien et les salafistes noirs du Sahel se fera dans le Nord Niger et le Nord Tchad., là se trouvent les nouvelles routes et des armes et des drogues comme moyen de financer le Jihad.